Joint au téléphone ce mercredi 19 juillet 2017 dans l’émission Espace expression, le président de la convention des acteurs non étatiques de Guinée (CANEG) et responsable d’African Crisis Group, membre actif de la société civile à l’échelle africaine, a dénoncé les crises qui minent la société civile guinéenne dans son ensemble. Il s’agit notamment des plateformes de la société civile dirigées respectivement par Dansa Kourouma et Abdourahmane Sanoh, la CENI minée par une crise politico-budgétaire et les manifestations de l’opposition qui sont prévues le 02 août prochain qui est une date historique et légendaire.

Parlant de l’institution en charge des élections en Guinée qui se trouve dans une crise qui ne dit pas son nom et les rumeurs qui circulent autour d’une réforme, le président de la convention nationale des acteurs non étatiques de Guinée, Dr Sékou Koureissy Condé affirme: « Restructuration ou dissolution de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) ? il faut que les pouvoirs publics nous expliquent sur quelle base juridique et pour quel intérêt ? »

La CENI est dans l’impasse. L’activiste de la société civile dénonce les manœuvres qu’il juge dilatoires et surtout le silence, l’inertie du pouvoir qui reste muet sur cette crise pécuniaire et politique au sein de l’institution dite indépendante: «Le pouvoir doit s’expliquer de ce silence qui perdure. C’est pourquoi actuellement, nous de la société civile, nous nous battons pour rapprocher les leaders de la société civile. Nous avons compris que c’est une question d’interprétation qui existe entre Dansa Kourouma et Abdourahmane Sanoh. L’Etat doit prendre ses responsabilités au niveau de ses plates-formes et au sein de nos institutions comme la CENI.»

Se prononçant sur les manifestations projetées par l’opposition? les supputations et les spéculations autour d’un troisième mandat, Dr Sékou Koureissy Condé trouve légale la liberté d’expression et de manifestation, mais craint les dommages collatéraux: «La manifestation est d’un droit constitutionnel et c’est légal. Cependant, il faut que nos acteurs politiques évitent l’amalgame. Pourquoi choisir les dates historiques comme le 02 octobre, le 02 août, le 28 septembre? Il faut respecter notre passé et surtout la République. Ils peuvent manifester, mais ce qui nous intéresse c’est comment protéger nos citoyens».

Après plusieurs années de lutte hardie pour le retour à l’ordre constitutionnel normal avec tous ses corollaires, l’activiste de la société civile ne veut pas du tout entendre la fameuse question d’un troisième mandat qui défraye aujourd’hui la chronique: «J’aiderai le président de la République de refuser cette idée de troisième mandat qui est contre-productif. Je le persuaderai de ne pas écouter la sirène révisionniste. Je sais qu’il écoute beaucoup de cadres patriotes pour nous éviter le fiasco.»