C’est face à la crise sociale que traverse notre pays, depuis la hausse du prix du litre de carburant à la pompe le 1er juillet 2018 que le président de la Convention des Acteurs Non Etatiques de Guinée (CANEG), Dr Koureissy Condé a pris son bâton de pèlerin comme en toute période de crise pour préconiser le dialogue afin de trouver un compromis entre les différents acteurs concernés dans cette crise. Car, dit-il « un Compromis n’est ni une faiblesse, encore moins une compromission ».

Pour expliquer la place du dialogue dans la compréhension et la gestion des crises, le Directeur exécutif d’African Crisis Group a animé le jeudi 12 juillet 2018 une conférence de presse au siège de la CANEG à Kipé en présence de certains responsables de cette plateforme de la société civile. Cette augmentation brusque du prix du carburant à 10.000 Gnf par le gouvernement guinéen, intervient dans un contexte de malaises socio-politiques et d’attentes grandissantes au sein des populations. Et depuis cette annonce, une série de manifestations a été déclenchée par les acteurs de la société civile et des syndicats pour que le gouvernement revienne au prix initial du litre de carburant à savoir 8000 Gnf.

« Je ne suis pas d’accord avec les 10.000 gnf le litre du carburant et c’est quand je ne suis pas d’accord que je négocie et puisque je ne suis pas négociateur, je facilite la négociation », dira Dr Koureissy.

Dr Sékou Koureissy Condé, ancien ministre de la sécurité et ancien médiateur de la République affirme en substance que nous sommes dans une crise de gouvernance, c’est-à-dire une crise de confiance entre l’Etat et le citoyen.

A cet effet, il invite le gouvernement et l’ensemble des acteurs politiques et sociaux à préserver la Guinée contre les menaces de violences. La pauvreté génère des problèmes de santé, de sécurité et environnementale. Le premier remède doit consister à réduire les inégalités et à garantir la transparence et l’équité dans la répartition des richesses et la prise en compte des opinions.

« Il faut que notre Etat, notre gouvernement apprenne à considérer et à prendre en compte les opinions. Notre pays se politise trop. Et dans sa politique, notre pays s’électoralise trop », a fait remarquer M. Condé.

Pour lui, il faut sortir de ce cadre parce que toutes les sociétés qui sont devenues une grande nation sont des sociétés qui ont su envisager un avenir dans le rassemblement sur la conscience de cette société.

Parlant de la mission de la société civile, le Président de la CANEG souligne : « Ce que nous représentons en tant que société civile, c’est la souffrance des populations. Ce sont les solutions idoines que nous devons proposer face à la souffrance, face aux revendications, face au souci et aux attentes de ces populations ».