Invité de l’émission ‘’RIEN A CACHER’ ’sur EVASION TV le lundi 24 septembre 2018, le directeur éxécutif d’Africain Crisis Group (ACG) et président de la Convention des Acteurs Non Étatiques de Guinée (CANEG), Dr Sékou Koureissy Condé est revenu sur la crise à la Cour Constitutionnelle. Il s’est exprimé en ces termes: « La crise actuelle à la Cour Constitutionnelle est, dans la forme, un test majeur pour la solidité de la constitution de la troisième République.

Dans le fond, cela ressemble à une totale rupture de confiance entre les juges de la haute Cour et leur Président sur des questions de comportement et de gestion interne ; tous ces sujets engagent l’autorité et la légitimité de l’ensemble de la Cour.

Dans la république, la Cour Constitutionnelle est un grand symbole, son Président en est un autre, aussi. Le Président de la Cour constitutionnelle est nommé par le Président de la République, ce lien est un aspect règlementaire à prendre en considération. Normalement, si on touche au Président Kelefa Sall, on aura touché aussi à un homme désigné par le Président de la République. En conséquence, les observateurs se rappelleront de la déclaration de Kelefa Sall contre l’éventualité d’une modification de la constitution en vue d’un troisième mandat. C’était lors de sa communication, suite à la réélection du Professeur Alpha CONDE en 2015.

Déplacer Kelefa Sall aujourd’hui est une destitution qui ne dit pas son nom, et ce, quelques soient les raisons et les explications misent en avant, cela pourrait constituer un précédent malheureux. Pour toutes ces raisons, Dr Sékou Koureissy Condé recommande la désignation d’un médiateur spécialisé pour faire immédiatement face à cette situation. Il s’agit selon lui, de faire l’audit financier de l’institution, de maintenir Kelefa Sall après restauration de garanties, sans que les 8 autres conseillers ne perdent la face. Il s’agit de sauvegarder l’esprit et la lettre de la constitution. »